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KARINE BERGERON

Sixième extinction

L'Art au service de la Biodiversité

Révoltée par la situation extrêmement critique dans laquelle se trouve la faune sur la terre, Karine Bergeron a pris le virage de l’art militant depuis un peu plus d’un an. Elle a créé cette collection de tableaux sur le thème de la SIXIÈME EXTINCTION afin de participer activement à une prise de conscience d’un des plus grands problèmes de notre siècle. Elle avait envie de créer un projet dans lequel elle pourrait poursuivre cette réflexion amorcée lors de ses études de maîtrise : celle sur le pont entre l’art et la conservation de la nature.

«En tant qu’artiste, je me suis demandée qu’est-ce que moi je pouvais faire pour appuyer la sauvegarde de la biodiversité. Et là s’est dessiné cet extraordinaire projet qui me tient à cœur.»

Le 2 octobre dernier, lors du Grand Cocktail Bénéfice d’Équiterre, Karine a dévoilé sa collection complète sur la Sixième Extinction.

L’artiste s’est engagée à verser en dons, 50% du montant de chaque tableau vendu.

Chaque don est fait à un organisme à but non lucratif ou un projet de recherche qui travaille directement pour la sauvegarde de l’animal mis en valeur dans l’œuvre. Chaque achat est donc une opportunité pour l’acheteur d’appuyer directement la recherche ou la conservation de l’animal pour lequel il a eu un coup de coeur. Vous aimeriez voir les œuvres de cette collection en vrai? Suivez l’artiste sur sa page facebook afin de tout savoir sur les prochains événements où elle sera présente ou de connaître la tenu d’un prochain vernissage! www.facebook.com/karinebergeronartistepeintre/

Béluga du Saint-Laurent: piégé dans un habitat dégradé

Depuis 2014, le COSEPAC a attribué le statut « en voie de disparition » au béluga du Saint-Laurent ». La chasse, à la fin du 19e siècle, est responsable du déclin de cette population. Aujourd’hui, la chasse est interdite, mais on n’a observé aucun rétablissement notable de la population. L’espérance de vie du béluga, sa maturation tardive, son faible taux annuel de reproduction ainsi que sa faible diversité génétique sont tous des facteurs qui limitent son rétablissement dans le Saint-Laurent. Sa survie est toujours menacée par des perturbations humaines. Son exposition à un cocktail de contaminants chimiques et l’impact du bruit constant du trafic maritime sont les deux stresseurs environnementaux qui sont étudiés à l’heure actuelle.

Baleine noire de l’Atlantique Nord: la dernière bataille

La baleine noire de l’Atlantique Nord a été inscrite à la liste de la Loi sur les espèces en péril en 2005. La chasse commerciale qui a duré jusqu’en 1930 est responsable de la décimation, au seuil de l’extinction, de cette espèce. Bien qu’il n’y ait aujourd’hui plus de pression de chasse sur cette espèce, d’autres menaces pèsent contre elle. Depuis 2003, 90 % des décès dans cette population sont d’origine anthropiques : des traumatismes résultant d’un enchevêtrement ou d’une collision avec un navire. La baleine franche de l’Atlantique nord habite l’un des couloirs océaniques les plus industrialisés. À ces deux causes de décès atroces s’ajoute aussi la pollution sonore que subit toute espèce de mammifère marin aujourd’hui. Plus de 75 % des baleines noires de l’Atlantique Nord portent des blessures ou des cicatrices causées par des engins de pêche, particulièrement les jeunes. Elles se prennent habituellement par la bouche, les nageoires ou la queue. Certains de ces empêtrements peuvent entraîner la mort de l’animal. Plusieurs baleines peuvent toutefois survivre avec des lignes enroulées autour du corps, traînant parfois des filets, des lignes, des bouées ou des casiers pendant des mois ou des années. La baleine ici représentée se nomme Canaveral. Elle est une des seules parmi les quelques 400 baleines noires de l’Atlantique Nord à ne pas avoir de cicatrice sur la queue. Pour encore combien de temps?

Tortue luth: nager dans un océan de plastique

La tortue luth est le plus gros reptile de la planète. Elle a coexisté avec les dinosaures, mais aujourd’hui sa survie est grandement menacée. Cette espèce connaît un grave déclin mondial et a perdu près de 70 % de sa population en 15 ans. La menace la plus préoccupante dans les eaux canadiennes de l’Atlantique est la PRISE ACCESSOIRE dans les engins de pêche qui peut lui causer des blessures létales ou sublétales.  L’empêtrement peut nuire à la capacité de nager de la tortue, entraînant sa noyade. La POLLUTION PLASTIQUE dans les océans est aussi un enjeu majeur qui noircit de jour en jour encore plus, l’avenir de toutes les espèces de tortues marines.

Hirondelle rustique: déclin des oiseaux champêtres

Depuis les années 70, les populations des différentes sortes d’hirondelles ont diminué de 80 %. Dans le cas de l'hirondelle rustique, on parle de 91 % de diminution. Outre la PERTE DE L'HABITAT, on suspecte un dommage collatéral lié à la BAISSE DE LA BIOMASSE DES INSECTES VOLANTS dont les oiseaux se nourrissent. Ce phénomène est liée à l’INTENSIFICATION DES PRATIQUES AGRICOLES. Avec la conversion des petites fermes en grandes cultures intensives, la maximisation des surfaces cultivables et l’usage croissant des PESTICIDES, l’équilibre est rompu. Par ailleurs, les GRANGES MODERNES utilisées en milieu rural ne permettent plus aux hirondelles d'y faire leurs nids.

Panda géant: d'une menace à l'autre

En 1986, le panda était en fort déclin. Il subissait deux grandes menaces : la DESTRUCTION et la FRAGMENTATION de son HABITAT naturel par la DÉFORESTATION. Le gouvernement chinois a alors créé de vastes réserves et misé sur la reforestation, améliorant considérablement sa situation. Aujourd’hui, on s’inquiète pour sa capacité à s’adapter aux CHANGEMENTS CLIMATIQUES. On estime que le réchauffement planétaire pourraient éliminer dans les 80 années à venir plus de 35 % des forêts de bambou. D’autres espèces sont adaptables, peuvent vivre dans plein d’environnements, se nourrir de choses différentes. Le panda, lui, est focalisé sur les bambous. Donc, si les forêts de bambou viennent à régresser, le panda régressera avec elles.

Albatross de Laysan: agonie d'une colonie lointaine

Les oiseaux de mer s’accouplent et élèvent leurs petits sur des iles isolées et passent leur vie entière dans des eaux qui nous sont inhospitalières. S’ils en venaient à disparaître, qui s’en apercevrait? Empêcher l’extinction d’une espèce suppose de savoir qu’elle existe. Or les oiseaux marins sont très doués pour se soustraire à notre vue. C’est pour cette raison que sans qu’on le sache, chaque année, des dizaines de milliers d’albatros sont tués de façon invisible, PRISES ACCESSOIRES des palangrières et chalutières . Et sur terre, leurs bébés font une indigestion macabre de PLASTIQUE, nourris par leurs parents qui leur rapportent des déchets pêchés en mer. Alors qu’en 1960, 5% des oiseaux marins avaient dans leur tube digestif des morceaux de plastique, en 2008, cette proportion atteignait 80%. On prévoit malheureusement qu’en 2050, elle atteindra 99,8%. Un avenir bien sombre pour toutes ces espèces qui dépendent de l’océan pour se nourrir.

Macareux moine: le canari dans la mine de charbon

La population de macareux moine a décliné de façon importante au début des années 1900 en raison de la collecte d’œufs non réglementée et de la chasse. Les macareux moines et les colonies sont maintenant protégés, mais ils font face à des menaces dues aux CHANGEMENTS CLIMATIQUES, comme le RÉCHAUFFEMENT DES OCÉANS et les VARIATIONS DE DISPONIBILITÉ DE NOURRITURE. On observe cet impact dans le Golfe du Maine qui se réchauffe 99% plus rapidement que tous les océans du globe. Ce n’est pas l’augmentation de la température elle-même qui est une menace, mais bien les changements qu’elle apporte dans l’environnement : diminution des stocks de nourriture, espèces invasives, phénomènes météo extrêmes plus fréquents et plus violents, décalage entre la saison de reproduction et celle de l’abondance des proies adéquates pour les poussins.

Papillon monarque: s'effacer tranquillement

Trois grandes menaces pèsent actuellement sur le monarque : la COUPE ILLÉGALE, la DISPARITION DE L'ASCLÉPIADE et le RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE. La survie du monarque est inextricablement liée aux montagnes boisées du Mexique où il se rend pour hiverner. Cependant, les communautés de ces régions ont également besoin des ressources de leur région, et tourisme et agriculture exercent une forte pression sur les forêts. Au Canada et aux États-Unis, le monarque a besoin de lieux où se reproduire et se nourrir, or les HERBICIDES utilisés à grande échelle éradiquent progressivement sa source première de nourriture, l’ASCLÉPIADE. Le RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE menace de perturber le schéma migratoire du monarque par son effet sur les conditions climatiques de son aire d’hivernation et de son territoire estival de reproduction et d’alimentation.

Ours polaire: la menace du changement climatique

L’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète. Il se réchauffe si vite qu’il pourrait être largement sans glace en été dès 2050. Comment les ours blancs survivront-ils sans leurs plates-formes de chasse gelées, essentielles à leur réussite à la chasse ? En effet, sans glace, l’ours polaire peine à se nourrir. Pas de glace, pas de phoque. De plus grandes distances à nager, à parcourir avec les petits ours qui souvent ne supportent pas l’épreuve trop grande. Les étés de disette sur la terre ferme se sont aussi allongés, passant des un à deux mois traditionnels à 5 à 6 mois. Or il n’existe pas sur la terre ferme de source de nourriture capable de remplacer cet apport en graisse que l’ours trouve chez le phoque et dont il a tellement besoin.

Caribou: populations en déclin

La population de caribous, a atteint des niveaux historiquement bas et fait l'objet de déclins alarmants en particulier dans l'est de l'Arctique. En 30 ans à peine, certains troupeaux se sont effondrés de 95 à 98%. Les deux tiers des 51 hardes de caribous forestiers au pays sont en danger, au Québec y compris. Le caribou forestier occupe moins de la moitié de son aire de répartition en Amérique du Nord au dix-neuvième siècle. La FRAGMENTATION DE L'HABITAT constitue la principale menace pour l’espèce. En effet, le haut taux de mortalité du caribou est surtout lié à la PRÉDATION et les COUPES FORESTIÈRES facilitent les déplacements des coyotes, des loups et des ours au moment de traquer leur proie.

Grive des bois: les oiseaux migrateurs  néo-tropicaux en péril

La Grive des bois est devenue un symbole du déclin des oiseaux migrateurs néo-tropicaux. Malheureusement, la population canadienne a diminué de 70% au cours des 40 dernières années. Comme c’est le cas pour la moitié des espèces d’oiseaux menacés, la DÉFORESTATION serait responsable de ce déclin majeur. Des études ont démontré que la FRAGMENTATION et la DÉGRADATION de ses HABITATS au Nord comme au Sud ont affecté son taux de reproduction. Au Québec comme dans le reste du Canada et aux États-Unis, elle est particulièrement affectée par la DÉGRADATION DE SES SITES DE REPRODUCTION. Mais c'est beaucoup la DÉFORESTATION TROPICALE qui met ces oiseaux chanteurs en péril.

Orang-outan: victime de la chasse illégale

Si la DÉFORESTATION représente la plus grande menace pour l’orang outan, la CHASSE ILLÉGALE est aussi pointée du doigt. Régulièrement, des orang-outans sont retrouvés morts, « assassinés », criblés de balles. Leur taille et leur lenteur en font des cibles faciles pour les chasseurs qui les abattent pour leur VIANDE ou en représailles lorsqu’ils s’introduisent dans les exploitations agricoles. Le BRACONNAGE alimente le marché noir. Les femelles sont le plus souvent chassées. Lorsque elles sont capturées avec leur bébé, le petit est récupéré et gardé comme animal de compagnie. Ce commerce est un problème majeur. On pense que pour chaque animal qui atteint Taïwan, 3 à 5 meurent durant le voyage.

Orang-outan: au bord de l'extinction

50.000 orangs-outans de Bornéo ont disparu en seize ans, victimes de l'EXPLOITATION FORESTIÈRE INTENSIVE pour le BOIS, l'HUILE DE PALME et diverses EXPLOITATIONS AGRICOLES. Autant l’île de Sumatra que celle de Bornéo en Indonésie sont soumises à un déboisement toujours plus effréné. De larges parcelles de leur habitat ont été rasées illégalement, mais l’inaction du gouvernement condamne plus de 50% de ces animaux à vivre en dehors des zones protégées. Leur HABITAT FRAGMENTÉ est exploité par des COMPAGNIES FORESTIÈRES, MINIÈRES et fabricants d’huile à palme. Les INCENDIES parfois déclenchées pour augmenter la superficie de terres disponible accentuent  le problème

Épaulard résident du sud: conséquences de l'inaction

La population d’épaulards résidents du sud fait face à une menace imminente quant à sa survie. DIMINUTION DES PROIES DISPONIBLES, CONTAMINANTS ENVIRONNEMENTAUX (directs et indirects) et PERTURBATIONS ACOUSTIQUES et PHYSIQUES sont les plus grandes menaces qui pèsent sur cette population. Les COLLISIONS avec les navires ont aussi été établies récemment comme une menace. À cela s’ajoutent l’exposition aux DÉVERSEMENTS TOXIQUES, les INTERACTIONS avec les  PÊCHES et l’AQUACULTURE et les CHANGEMENTS CLIMATIQUES. Essayer de maintenir une population de baleines dans l’ombre d’une des villes les plus florissantes du pays n’est pas chose facile. On estime que si d’ici cinq ans, il n’y a pas de nouvelles naissances, l’avenir de cette population pourrait être scellé. Plusieurs mesures ont été mises en place par Ottawa récemment dans l’espoir de permettre le rétablissement de ces cétacés. Mais est-ce trop peu trop tard?

Chimpanzé: quand la proximité avec l'humain est une menace

La DISPARITION DE SON HABITAT et la CHASSE contribuent grandement au déclin de ce grand singe qui partage 99% de notre ADN. En outre le BRACONNAGE des bébés chimpanzés est un réel problème. Il alimente un marché noir où les jeunes primates sont vendus comme animaux de compagnie, mais souvent délaissés et enfermés dans une cage dès le moment où ils atteignent l’âge adulte et deviennent plus agressifs et incontrôlables. Avec quelque 50 années à vivre devant eux… Le virus Ebola a également tué nombre de chimpanzés. La proximité avec l’humain met en danger cet animal qui est très sensible aux MALADIES de l’homme.

L'éléphant d'Afrique: menacé de toutes parts

En Afrique, les éléphants disparaissent partout ou presque. Le BRACONNAGE et le CHANGEMENT CLIMATIQUE sont deux des principales menaces qui laissent penser que ce majestueux animal ne verra pas la fin de ce siècle, si la tendance se maintient. Chaque jour, environ 80 éléphants sont tués par des braconniers. À ce rythme, l’éléphant d’Afrique pourrait disparaître en milieu naturel d’ici 25 ans. Le nombre de pachydermes a chuté de 30 % entre 2007 et 2014, selon le plus grand recensement jamais effectué, rendu public en septembre 2016. Et ce déclin s’accélère, pour atteindre désormais un taux de 8 % par an.